Révélations BBC: Macky sur le fil de rasoir !

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A chacun sa vérité ! Voilà comment on peut résumer les passe-d’armes actuelles entre pouvoir et opposition. Chaque camp fait de son possible pour tirer la couverture de son côté.

La rencontre d’hier entre Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall, Mamadou Lamine Diallo et d’autres, entre dans cette dynamique. Elle ne sera pas la dernière car des mouvements citoyens, appuyés par des politiques et des indépendants, lancent un appel à la mobilisation au moment où un collectif avait déjà été institué pour, disent les initiateurs, lutter pour la transparence dans la gestion de nos ressources naturelles.

Du côté du pouvoir, les caciques du régime rivalisent d’ardeur et d’habilité pour défendre le frère du Président, Aliou Sall. Babacar Diamé, du Conseil de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations, a exclu toute procédure pour démarquer Aliou Sall. Pendant ce temps, les Ministres Abdoulaye Diouf Sarr, Mansour Faye, le Directeur du Soleil Yakham Mbaye, pour ne citer que les derniers à avoir réagi, s’attaquent au travail ainsi fait par la BBC.

C’est dire que les deux camps (pouvoir et opposition) se font face dans un ‘’mortal kombat’’, pour reprendre le titre du film. Personne ne fait de cadeau à l’autre. Car il s’agit d’une opportunité politique pour certains et un suicide pour d’autres qui ne veulent pas voir ternir l’image de leur leader et, par ricochet, celle du Sénégal.

En attendant de voir l’issue du combat, il est important de souligner que le Président de la République doit se hisser au-dessus de la mêlée.

On ne peut pas, en effet, face à des révélations aussi graves, tout mettre sur le compte des rivalités politiques et de l’hostilité de certains lobbies pour déstabiliser le Sénégal.

Nous avons déjà souligné que cette ligne de défense nous semble maladroite. Alors, Macky n’a qu’à la laisser à ses proches. On attend de lui une sérénité à toute épreuve, de nature à faire toute la lumière sur cette affaire et à situer les responsabilités. Ce combat n’est ni celui de l’opposition ni celui du pouvoir, il est celui du Sénégal incarné par sa première institution qui est la Présidence de la République.

Le Président est en train de prendre conscience de l’importance d’avoir un fusible comme le Premier ministre car on n’est jamais vraiment à l’abri. Des choses imprévisibles peuvent surgir et nécessiter une grande habilité avec des boucs-émissaires capables de prendre sur eux pas mal de choses.

C’est ce qui fait défaut à Macky, obligé de faire face par rapport à des attaques frontales qui visent son frère, l’obligeant à tirer à découvert avec une communication qui laisse à désirer.

Macky va sans doute regretter le départ de Dionne.

En tout état de cause, il doit ‘’oublier’’ son opposition malgré le tintamarre que celle-ci est en train de soulever. Car, tant que le grand Manitou réagira en chef de clan, il restera vulnérable et inefficace.

Or, il devra non seulement s’affranchir des clivages politiques, mais aussi de la fibre familiale qui est en train de le prendre en otage.

Car il est en train aussi de prendre conscience des dangers qu’il y a à responsabiliser ses parents au niveau des postes de décision. C’est comme qui dirait les placer en première ligne de front, les exposant au pouvoir de la tentation et aux attaques.

Il y a mille façons de soutenir son entourage. La pire, c’est d’en faire de hauts responsables pour gérer des fonds publics.

Malheureusement, aujourd’hui, il se trouve dans une situation où il ne peut plus reculer. Il faudra prendre des mesures fortes, difficiles, voire spectaculaires, pour sortir la tête haute de ce bourbier.

Aux grands maux, les grandes remèdes.

Et comme le disait Machiavel, si les faits vous accusent, le résultat doit vous excuser.

Assane Samb dakar matin

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