Matar Faye (Prévention routière) : “La formation peut régler à 50% le problème des accidents”

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La récurrence des cas d’accident, ces derniers jours, inquiète le nouveau Directeur exécutif de l’Association des assureurs du Sénégal (qui englobe maintenant la prévention routière). Dans ce bref entretien avec «Seneweb», Matar Faye attire l’attention sur la principale cause des accidents.

Selon vous, quelle est la cause de cette succession d’accidents sur nos routes ?

C’est vrai que nous avons noté une forte recrudescence des accidents de la circulation, ces derniers temps,  surtout ces derniers jours où on a enregistré plus de 12 morts en l’espace de 2 jours. Une situation inacceptable. Est-ce que, face à cette situation, l’Etat doit croiser les bras ? Est-ce que les populations  doivent rester insensibles face à cette hécatombe ? Aujourd’hui, on a noté que plus de 60 % des accidents sont répertoriés du côté  des transporteurs publics de voyageurs et du côté des transporteurs publics de marchandises. La cause, c’est vraiment un déficit de formation.

Pourquoi ?

On parle beaucoup d’indiscipline sur la route. Cette indiscipline, sa source, c’est l’ignorance. Qu’est-ce qui est à l’origine de l’ignorance ? C’est le manque de formation. Donc, on ne peut pas respecter ce qu’on ignore. Quand on ne connait pas que ça, c’est un panneau «sens interdit», que là on ne doit «pas tourner à droite» ou que là c’est une «ligne continue» et qu’on ne doit pas la franchir, c’est de l’ignorance. Et cela transforme la personne en conducteur indiscipliné. C’est pourquoi les gens disent que les chauffeurs sont indisciplinés. Ils sont indisciplinés parce qu’ils sont ignorants. Et s’ils sont ignorants, c’est qu’ils ne sont pas formés. Moi, je suis formel : la formation peut régler à 50% le problème des accidents.

Et comment aborder ce volet formation ?

Nous réfléchissons sur la mise en place d’un centre de formation. Nous y réfléchissons avec les assureurs pour voir comment développer un partenariat avec l’Etat (ministère des Transports et le ministère de la Formation professionnelle) pour mettre en place un centre national de formation pour les chauffeurs de transport public de voyageurs, de transport public de marchandises et pour les chauffeurs de l’Administration aussi. On a constaté que c’est avec ces catégories de chauffeurs qu’il y a le plus d’accidents. Des accidents catastrophiques, mortels. Et dans ce centre on mettrait la police, la gendarmerie, les moniteurs agréés, des mécaniciens et pompiers.

Les camions, eux aussi, font beaucoup de dégâts…

Il y a deux accidents où ce sont des camions qui sont impliqués. Parce que les camions sont conduits  par des chauffeurs qui n’ont aucune expérience et qui ne sont pas conscients de la machine qu’ils utilisent. Donc inexpérience, inconscience et ignorance, ça donne un cocktail explosif.

Ces camions doivent-ils emprunter les autoponts ?

En fait, quand il n’y a aucun panneau de signalisation qui l’interdit, ils peuvent les emprunter. C’est à l’Etat de légiférer. C’est-à-dire, pour tel type de pont, il est interdit aux camions. Il y a deux autoponts ; j’aurais souhaité qu’on les interdise aux camions. Celui de Keur Massar et celui de Thiaroye. Ils doivent être systématiquement interdits aux camions. Parce que c’est un peu relevé. Si le camion n’a pas un bon tirage, il pourrait redescendre ou bien s’il réussit à monter, à la descente, il peut piquer du nez. Donc, aujourd’hui, on doit revoir la caractéristique et la configuration de ces autoponts.

source:seneweb

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