Mais, avec ces multiples naissances de mouvements, ne faudrait-il pas craindre le syndrome de la pléthore des partis politiques?

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Mais, avec ces multiples naissances de mouvements, ne faudrait-il pas craindre le syndrome de la pléthore  des partis politiques?
Il se pourrait bien que je me trompe peut-être. Mais, en tout cas, comme on le dit, si souvent, et qui est vrai : tout excès est nuisible. Par voie de conséquence, tout ce qui est excessif perd aussi sa valeur intrinsèque, voire son originalité. Ce que l’on appelle en wolof : « lu laaté laamb té lu ëp turu »  ou autrement dit : la surabondance d’un produit déprécie sa valeur réelle. C’est exactement, en ce moment, le cas des partis politiques, dans notre pays. Ils sont, incontestablement, pléthoriques. Et, ayant, presque tous, fait le plein de leur capacité, ils n’arrivent plus à recruter des militants. Bien au contraire, certains se désagrègent et deviennent même, quasiment, des coquilles vides ou quantité négligeable.
Enfin, tout cela pour dire quoi, pour m’interroger sur le phénomène actuel des naissances de mouvements politiques. En effet, après le constat d’échec, des deux alternances, fait par une bonne partie du peuple sénégalais, certains concitoyens, très nombreux d’ailleurs, ont estimé que cet échec est à imputer aux partis politiques qui se succèdent au pouvoir et mènent toujours la même mauvaise politique, sans aucun apport positif significatif pour les populations. Parce que, tout simplement et invariablement, ces partis politiques continuent de s’appuyer, encore et toujours, sur le même système, c’est-à-dire le même cadre institutionnel depuis mathusalem. Un cadre qui a, effectivement atteint aujourd’hui, ses limites objectives et, est sclérosé. Si l’on admet que le diagnostic est juste, il faut aussi reconnaitre que, malgré tout, et jusqu’ici en tout cas, les auteurs de cette analyse, certes pertinente, qui montre une panne sèche de la marche de notre pays, ne sont, cependant, pas parvenus, à s’entendre autour de l’essentiel et à nous proposer une thérapie consensuelle juste et efficace, en lieu et place, de ce que les politiques ont fait  jusque-là. 
Les naissances de mouvements « politiques » en ceci ou cela, depuis quelques temps, comme des champignons, semble prendre la même direction que les partis politiques, avec les mêmes objectifs et motivations, à savoir prendre pouvoir et non, mettre fin à la souffrance des populations sénégalaises, comme le révèle le constat. Et, en ce moment, chaque groupe y va de son mouvement, avec sa dénomination ingénieuse et captivante qui reflète, fort bien, les aspirations profondes et légitimes des populations. Des populations si meurtries qui ne savent plus à quels « rédempteurs » se fier maintenant, tellement que l’horizon s’est assombri. A juste titre, ces populations sont à la recherche de vraies solutions à leurs lancinantes préoccupations qui perdurent, mais non, un Massamba à la place d’un Mademba ou bien, un mouvement politique à la place d’un parti politique. Ainsi, à y regarder de près, ce sont les mêmes erreurs d’hier que les gens sont, encore, en train de commettre, à savoir se focaliser à la recherche hypothétique et forcenée d’un fameux homme providentiel pour, tel un messie, qu’il règle par une baguette magique, à lui tout seul, les épineux problèmes des Sénégalais. C’est de l’utopie et une chimère évidente que de penser qu’une telle solution serait possible. Alors, les Sénégalais doivent se rendre à l’évidence qu’une telle personne, homme ou femme, n’existe pas dans la réalité. Un pays doit se construire en s’appuyant sur des forces réelles et concrètes en chair et en os de tout le peuple et non des incantations ou rêves.
Beaucoup de concitoyens et moi y compris, pensions que la cause était, définitivement, entendue et ainsi comprise par la majorité des Sénégalais que, la solution des problèmes de notre pays ne peut reposer sur les épaules ou se trouver entre les mains d’un seul individu, fut-il omniscient. Et tous, ceux qui se présentent comme tels ou passent pour, ne sont rien d’autres que des bonimenteurs, arnaqueurs et de vulgaires populistes dont il faut se méfier. Et pourtant, il fuse parfois des débats politiques relatifs à la recherche de solutions politiques viables et durables et il ressort souvent aussi que celles-ci devraient être recherchées dans le cadre de profondes et pointues réflexions au sein d’un très large mouvement ou front patriotique conscient de la complexité de la situation du moment de notre pays. Un cadre qui placerait ainsi, véritablement, l’intérêt supérieur de la nation avant toute autre considération. Mais hélas, si l’on se fie à ce qui apparait, présentement, à l’horizon ou au chant des sirènes, l’espoir est en train de se fondre ou de s’envoler, loin de l’idéal du peuple sénégalais.
Mais, au Sénégal, sommes-nous devenus incapables de nous rassembler largement, fortement et utilement en oubliant nos égos au seul profit de l’intérêt supérieur de la nation sénégalaise sans exclusive, comme ce fut lors des Assises nationales ? Oui, ce bel esprit patriotique et cet engagement désintéressé au profit de la Patrie que les Assisards avaient donné comme un  exemple éclatant de dévouement pour  trouver les solutions idoines aux problèmes qui assaillent leur pays demeurent encore valables. En tout cas, à ce jour encore, n’en déplaise aux pourfendeurs et démissionnaires des Assises nationales et de son noble objectif, ces conclusions dans l’histoire du Sénégal resteront et demeureront comme le seul et unique exemple dans notre pays qui a réussi à rassembler, bénévolement, autant de compétences et sommités intellectuelles de hautes factures et de bonnes volontés parmi ses meilleurs enfants, dans un seul cadre de réflexion autour d’un projet national pour sortir notre pays de ses difficultés de tous ordres. Cette somme, de déterminations, d’esprits unitaires, sans calcul machiavélique, de patriotismes, du don de soi, de sacrifices, etc., le tout pour l’intérêt général, devrait nous servir d’exemple pour toujours et être retenu comme une bonne démarche consensuelle à la base de toute recherche de solution en vue de résoudre les problèmes de notre cher pays. Ce qui manque le plus à notre pays et pourtant, dont il a tant besoin. 
Par voie de conséquence, les divergences ou querelles, de chapelles à l’heure actuelle, n’intéressent pas, du tout alors, les Sénégalais. Car, leurs préoccupations, présentement, se trouvent être des problèmes cruciaux concrets auxquels ils sont confrontés et veulent des solutions concrètes dans les meilleurs délais. Comme on le rappelle, si souvent, la croissance qui ne rentre pas dans le panier de la ménagère, n’intéresse pas des populations qui ont faim, soif, etc. Et, il en est de  même aussi, que les beaux textes et discours, seulement, sans changement qualitatif des conditions de vie des Sénégalais en meilleures, ne les intéressent pas non plus.
Aujourd’hui, à la veille d’une importante échéance dans la vie de notre pays, chaque mouvement y va de son appel en rangs dispersés, pour convoiter les faveurs d’un peuple, très fatigué et, qui attend toujours le grand soir. Mais, pourquoi donc tous ces mouvements ne peuvent-ils pas se rassembler en un seul, fort et puissant ? Pourtant, ils savent, pertinemment, en âme et conscience que, c’est l’union qui fait la force. Et, comme dit l’adage wolof : « Mboolo moy doole » Ces nombreux mouvements politiques naissants et partis politiques existants, dispersés en une multitude d’entités insignifiantes n’auront, en fin de compte, comme seul et unique aboutissement,  que de devenir des organisations, notoirement, faibles et squelettiques. Et qui, prises demain séparément, elles seront dans l’incapacité d’inquiéter le pouvoir en place. Car, si unis, ils n’ont pas réussi à ébranler le pouvoir en place, mais qu’en sera-t-il alors, lorsqu’ils seront subdivisés et morcelés en plusieurs, infiniment, plus insignifiants encore? Evidemment, cela va sans dire, ce ne pourrait être qu’un échec lamentable, au bout du compte.
Le peuple sénégalais ainsi que ses forces vives patriotiques risquent encore d’être…


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