Macky Sall intransigeant et offensif face aux organisations syndicales

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La cérémonie de remise des cahiers de doléances s’est tenue, ce mercredi, 1er mai, jour de la fête du travail au palais présidentiel de Dakar. Les organisations syndicales ont formulé des réclamations devant le président de la république pour l’amélioration de leur condition d’existence. Mais, le président de la République a été intraitable face aux syndicalistes. Jouant la carte de la franchise, le chef de l’Etat a dit ses quatre vérités aux organisations syndicales. Il leur a expliqué les dépenses colossales auxquelles l’Etat fait face avant de leur faire savoir qu’il est impossible d’augmenter les salaires.

Près de 250 milliards de manque à gagner dans le secteur des hydrocarbures

« Il faut que les gens sachent que le Budget, ce sont des recettes et des dépenses et l’Etat ne peut pas sortir de ce cadre. Depuis trois ans, voire quatre ans, on a bloqué le prix du carburant. Ce blocage a non seulement entrainé un grand manque à gagner de plus de 140 milliards par an sur le trésor public. Donc, on ne peut pas faire les projets qu’on voulait comme nous le souhaitions. En même, on a subventionné les prix de l’électricité. L’année, on a injecté 105 milliards de francs Cfa pour subventionner la Senelec compte non tenu des 140 milliards de francs Cfa que la société n’a pas pu obtenir en termes de recettes. Donc, rien que dans le domaine des hydrocarbures, c’est près de 250 milliards de manque à gagner à compenser »

« La masse salariale par années est à 860 milliards de francs Cfa »

« Il faut qu’on dise les choses en toute franchise. Les salaires c’est plus de 80 milliards par mois. La masse salariale par années est à 860 milliards compte non tenu des agences et assimilées. Rien que pour les agences, la masse salariale est de 140 milliards de francs Cfa. Au total cela fait 1000 milliards de salaires à payer. Et, si on augmente le service de la dette qui est de 864 milliards de francs Cfa, cela fait 1864 milliards. Et si vous ôtez ce montant des recettes de l’Etat qui sont à 2177 milliards, il vous reste 313 milliards de francs Cfa. 

Et, c’est avec ces 313 milliards que l’Etat va gérer le fonctionnement de ses services ainsi que l’investissement. Donc c’est à peine 26 milliards par mois. A ces 26 milliards, il faut ajouter les déficits qui seront financés pour la dette. Donc, vous voyez qu’on ne peut pas tout faire. Le Sénégal n’est pas un pays développé et solide financièrement. Il faut que le gouvernement communique davantage afin que les gens puissent savoir ce dont on est capable et ce dont on ne peut pas faire. »

« Plus de 2000 véhicules achetés par an pour l’administration »

« C’est pourquoi j’ai pris toutes ces mesures tendant à réduire le train de vie de l’Etat. Depuis que je suis là, l’Etat a injecté 300 voire 500 milliards tout simplement pour l’achat de véhicules. L’Etat ne peut pas continuer à acheter plus 2000 véhicules par an pour l’administration dans Dakar et les régions en plus des véhicules des députés. Si on continue comme ça, quand-est-ce on va donner de l’emploi aux jeunes. Si l’on sait que chaque année plus de 150 mille jeunes arrivent dans le marché de l’emploi sans qualification de surcroit. Juste 6% ont des qualifications. Et si on doit former en plus ceux qui n’ont pas de qualifications. Donc c’est une question de choix. On ne peut pas continuer à satisfaire les revendications en faisant fi de la jeunesse. Je pense que la politique consistant à augmenter avantages les adultes au détriment des jeunes n’est pas une bonne politique »

« Augmenter les salaires, ce n’est pas la peine de le demander ou d’y penser parce que ce n’est pas possible, nous n’avons pas les moyens »

« C’est pourquoi, il est bien de promouvoir le dialogue mais que cela repose sur les réalités et sur ce dont on peut faire. On a une volonté sociale. Augmenter les salaires, ce n’est pas la peine de le demander ou d’y penser parce que ce n’est pas possible. Cela je le dis en face de vous. Nous n’avons pas les moyens d’augmenter les salaires. Et nous ne le ferons pas. Il faut que cela soit clair. Ce n’est absolument pas possible. Maintenant, on peut discuter sur des aménagements en termes de protection sociale parce que le travailleur, ce n’est pas uniquement le salaire. Il y a aussi la protection sociale la retraite et on doit continuer d’en discuter y compris avec le patronat pour améliorer le cadre et les conditions de travail et la protection sociale »

« Il faut savoir qu’il y a des limites à ne pas dépasser »

« On travaille aussi pour le pouvoir d’achat. La baisse de l’impôt sur le salaire, le maintien des prix des denrées de premières nécessités, tout ça entre dans ce cadre. Ce sont des augmentations de salaires en réalité. Il faut savoir qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Et si on dépasse ces limites, les conséquences seront immédiates et désastreuses. On va ainsi dérégler notre cadre macroéconomique, dépasser notre déficit et nous n’aurons plus le respect de nos partenaires. Et quand on n’a plus le respect de nos partenaires ce sera comme par le passe des plans d’ajustement. On ne le souhaite pas. On ne l’envisage même pas. On travaille pour l’émergence. Et l’émergence, c’est la responsabilité aussi. Il s’agit de faire ce dont on est capable. Ce n’est pas parce qu’on a peur de la grève qu’on va s’engager sur des choses qui vont complètement dérèglé le cadre qui nous permet aujourd’hui d’avoir notre autonomie et notre souveraineté budgétaire. Le jour où on dérape, c’est terminé. On va aligner les prix sur les réalités et on va annuler les filets sociaux. Et ce n’est pas ça, ma politique. »

« On est en train de voir comment mettre une taxe sur le ciment »

« On a également mis en place un fonds de garantie dénommé fonds de garantie du logement Fogalog qui sera logé au niveau du Fongip. Et on est en train de voir comment mettre une taxe sur le ciment. Comme ça ceux qui veulent des logements surtout les jeunes qui commencent à travailler qu’ils puissent bénéficier de crédits logement pour 20 ans ou plus sans apport. Il faudra que les gens acceptent la taxe sur le ciment. Il y aura une hausse probable du prix du ciment. C’est pour permettre aux jeunes d’accéder au logement. 

Dans toute l’Afrique, le prix du ciment est moins au Sénégal. D’ailleurs, de 2011-2012, la tonne de ciment était à 80 mille francs aujourd’hui, elle est à 60 mille francs Cfa. Donc, il y a des efforts que nous devons faire pour relancer l’habitat. Or, la relance de l’habitat va relancer l’emploi. L’accès au logement va être l’un des priorités de mon mandat ».

source: dakar matin

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