Macky Sall et son système de parrainage: Les dernières turpitudes d’un régime en décrépitude

0 246

A onze mois des élections présidentielles, la remarque est frappante, inquiétante mais pas surprenante. L’Alliance Pour la République (APR) de 2018, à bien des égards, est différente de celle de 2011. Le parti politique de l’actuel président de la république, Monsieur Macky Sall n’a pas l’aura d’être son propre héritier et le parti de l’opposition d’alors ne laisse pas entrevoir la même posture d’ambitieux conquérant sérieux de l’époque. L’avènement de Macky Sall à la magistrature suprême portait l’espoir d’un Sénégal de rupture et de progrès après les 12 années de Abdoulaye Wade : une vraie tragédie nationale. Mais l’espérance d’un Sénégal émergent est en train de s’affaisser comme un château de cartes.

L’imminence de la décadence du régime de Macky Sall est plus que manifeste en atteste d’abord cette suite arithmétique régressive dans la durée des mandats des différents présidents qui se sont succédés depuis l’indépendance à nos jours : Les 4 ans de Léopold Sédar Senghor, les 3 ans de Abdou Diouf, les 2 ans de Abdoulaye Wade et fort probablement l’unique mandat de Macky Sall. Il s’y ajoute particulièrement cette kyrielle d’incidents politiques et de tensions sociales, prémices d’un régime agonisant: les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le Protocole de DOA et le procès de la Caisse d’Avance résultent de la phase une d’une supputation insidieuse de la part du tenant du pouvoir qui vise à faire quelques de ses redoutables concurrents des prisonniers politiques. La grâce et l’exil de Karim Wade à Qatar d’un côté, l’acharnement et la condamnation à 5 ans de prison du député maire Khalifa Ababacar Sall de l’autre, sont des tentatives jusque-là réussies mais déloyales, injustes et perfides dont use le régime actuel aux fins de s’arracher un second mandat.

L’instrumentalisation de la Justice et le tripatouillage de la Constitution sont la phase deux d’une machination insipide dont l’unique but est de réduire les candidatures plurielles de l’opposition. Cette pluralité de candidatures forcerait inévitablement le second tour d’une élection présidentielle au grand dam du parti au pouvoir. Pour parer à cette éventualité très évidente, il cogite une forfaiture à la démocratie, agite un système de parrainage et édite un projet de loi qui passerait comme une lettre à la poste à cause d’une majorité parlementaire plus marionnette que mécanique.

Le recours aux forces de l’ordre et l’installation du rapport de force constituent les derniers remparts d’un régime agonisant, inspirant et expirant difficilement ses ultimes soupirs. Sa mince lueur d’espoir réside dans le forcing, seule alternative et prémisse d’un échec cuisant. Ainsi, la confrontation est imminente et inévitable d’autant plus que nous y sommes bien préparés. Nous sommes un peuple de résistance et de justice, engagés et déterminés. Le pouvoir des rues publiques a toujours triomphé face au pouvoir de la république quelle que soit la violence exercée. Le peuple en sortira encore victorieux !

La conséquence première est le départ inélégant de Macky Sall, le président de la république le mieux élu dans l’histoire politique du Sénégal. Mais, son septennat est loin de traduire notre illusion de l’alternative à l’alternance avortée (2000). N’est-elle pas l’étape logique pour une suite arithmétique continue: retour à la case de départ pour reconstruire? La reconstruction sera l’accomplissement par le président de la république, qui décide de son initiative propre, de ne pas aller jusqu’ au terme de son quinquennat. Il est le président zéro mandat. Celui qui est l’incarnation de la rupture et de la refondation national : Refonder pour une gouvernance démocratique, institutionnelle et sociale.

 

Khassoum DIOP

Khassito2016@hotmail.com

L’article Macky Sall et son système de parrainage: Les dernières turpitudes d’un régime en décrépitude est apparu en premier sur YerimPost.

Source link

Laisser un commentaire