La belle Nafi Fall envoûte son “copain” et lui soutire 9 millions FCFA

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Elle répond au nom de Nafi Fall, plus connue sous le diminutif de « Fa » pour les intimes et certainement, ses conquêtes. A 22 ans, elle fait déjà des malheurs. Celle qui dit mener des activités de commerçante, a comparu à l’audience des flagrants délits du tribunal de Grande instance de Dakar. Elle répondait des faits de charlatanisme et d’escroquerie, pour avoir soutiré neuf millions de nos francs à un commerçant.

L’histoire de la belle Nafi Fall et Mame Cheikh Ndiaye a débuté lors d’une soirée dansante animée par Wally Seck, le jour de la Korité. Cette nuit-là, le jeune homme, vendeur de téléphones portables, avait fait la connaissance de la jeune fille. Au cours de leurs discussions, il lui a fait part de son projet de voyage à l’étranger. Elle lui promet de le mettre en rapport avec un marabout qui réside à Sédhiou. 

Mais plutôt que d’aller dans cette localité avec le jeune commerçant, Fa, qui jouait les intermédiaires, lui remettait des amulettes à porter ainsi que des substances pour des bains mystiques. Après usage de ces produits, le jeune homme, comme possédé, s’est trouvé à la merci de la jeune fille. 

Ainsi débute sa descente aux enfers. Il fait des transferts d’argent à la jeune « commerçante » par Wari sur le numéro d’une certaine « mère Anthiou » qui n’était autre en réalité qu’elle-même, Nafi Fall. Pour son projet de voyage à l’étranger, la victime a vendu sa voiture pour répondre aux sollicitations de mère Anthiou qui lui demandait de faire des offrandes. 

Lorsque j’ai pris le bain, j’ai perdu tout contrôle sur mes agissements. Je lui faisais des transferts allant de 65.000 francs jusqu’à 2.500.000 francs », a expliqué Mame Cheikh Ndiaye. A la question des juges, il a précisé: « je ne suis jamais sorti avec elle ». Pour autant, la fille a réussi à lui soutirer un montant total de 9.000.000 francs. 

Appréhendée après un piège des hommes du commandant Sankharé de la gendarmerie de la Foire, la fille avait reconnu les faits et les montants encaissés, tout en prenant l’engagement de tout rembourser. « On sortait ensemble, je lui ai donné le numéro de mère Anthiou qui est à Sédhiou. C’est elle qui lui a remis des amulettes », a soutenu la fille à la barre. 

D’après Me El Hadj Diouf, conseil de la partie civile, le comportement de cette jeune fille qui ment, vole et escroque d’honnêtes travailleurs, n’honore pas les femmes de valeur de ce pays. 

Si on courtise une fille, on lui donne de l’argent

Pour Me Diouf, tout est clair, car l’aveu est la reine des preuves. Il estime que les faits sont constants. « Elle a essayé de tromper la vigilance des gendarmes qui l’ont piégée », a soutenu Me Diouf, selon qui, la prévenue est une multirécidiviste, coutumière des faits. Pour la réparation du préjudice, il réclame 10 millions de dommages et intérêts. 

D’après la procureure, la prévenue n’a pas les moyens de la vie qu’elle mène pour s’offrir un appartement meublé à Ouest-Foire et elle a fini par dérober les biens d’autrui. Pour la répression, elle a requis 6 mois de prison ferme. 

Mais selon la défense, « le droit pénal est un droit de certitude ». Mieux, estime-t-elle, « on ne peut pas battre monnaie à la barre du tribunal qui n’est pas une roue de millionnaire », tout en fustigeant la plaidoirie du tonitruant avocat qui réclame 10 millions de dommages et intérêts. Et de dénoncer ce qu’elle qualifie d’ « allégations » de la partie civile qui chercherait à travestir la réalité. 

« C’est grâce à l’élégance et à la beauté de la jeune fille que le jeune homme est tombé amoureux et a accepté de donner ses biens », plaide la défense, qui soutient que s’il y a remise de gris-gris, cela disculpe la fille de toute intention frauduleuse. « Le tribunal n’est pas un mur des lamentations pour des faits non fondés et la justice n’est pas un bras armé, c’est le dernier rempart de la société », a déclaré la défense. 

« En l’absence de preuves, il faut relaxer la prévenue au bénéfice du doute. Il faut que le ministère public et la partie civile assoient la culpabilité du prévenu à travers les faits », a soutenu la défense qui a demandé le renvoi de Nafi Fall des fins de la poursuite sans peine ni dépens. 

L’affaire est mise en délibéré pour ce 9 juillet 2019.  

leralnet

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