Il faut sauver le soldat Idy

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 » Errare humanum est, persevare diabolicum. »,

 

disent les latins, ce qui peut être traduit par: Se tromper est humain, mais persévérer dans l’erreur est diabolique. Lautréamont dans Poésies I-II nous conseillait devant chaque dicton d’appliquer le même  » dicton- réflexe », la contraposée ou l’inverse des termes.

 

Cela donnerait: Errare diabolicum est, perseverare humanum, pouvant être traduit par l erreur est diabolique, y persévérer est humain.

 

Si, a priori, cette seconde proposition semble dénuée de tout sens, il me semble, référée, à notre contexte actuel, plus proche de la réalité que la sentence originale.

 

En effet, celle-ci insiste sur le caractère imparfait de la nature humaine, le propre

de l’homme est de commettre des erreurs, car il n’est pas omniscient. Cependant, d’après la maxime, cela ne doit excuser la négligence, l’erreur est une occasion à saisir pour essayer de s’améliorer, car nous sommes des êtres perfectibles, elle devient alors un outil intéressant de perfectionnement de soi. La deuxième partie nous prévient: celui qui s’entête dans ses erreurs, sans essayer de se corriger est par contre inexcusable. L’entêtement peut l’entraîner sur la voie du péché ou d’encore plus d’erreurs. La faute morale étant dans le fait de ne pas apprendre de ses erreurs, plus que dans l’erreur initiale elle-même.

 

Pour mieux en saisir le sens, on peut la rapprocher de cette citation de John Powell:

 

  • La seule véritable erreur est celle dont on ne retire aucun enseignement. » Essayons d’appliquer la sentence originale à ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler le « Bakkagate ».

 

Idy, en simple homme, se prononçant sur la question israélo-palestinienne, s’est trompé;

Idy, semble plus ou moins avoir reconnu son erreur;

 

Idy s’est humblement agenouillé pour présenter ses excuses à toute personne qui verrait dans ses propos un outrage à la religion musulmane;

 

Idy a bien compris la leçon de Powell parce qu’il a bien appris de ses erreurs.

 

Alors si on ajoute à tout cela que la faute avouée est à demi pardonnée, il devient tout à fait légitime de se demander pourquoi continuer à alimenter cette polémique et verser dans ce lynchage médiatique politico-religieux.

 

Une partie de la réponse à cette question peut être trouvée dans la contraposée où l’erreur, on le perçoit clairement, est diabolisée par un conglomérat de religieux et de politiques qui persévèrent à livrer le fautif à

 

la vindicte populaire pour un jugement avant l’heure, c’est-à-dire février 2019.

 

Alors nous devons, pour l’intérêt supérieur de notre cher Sénégal, faire attention au mélange des genres entre politique et religion, même s’il faut reconnaître la frontière entre les deux devient de plus en plus ténue.

 

Ainsi cette parenthèse qu’il urge de fermer rapidement ne saurait, n’en déplaise les politico-religieux, servir de primaire à l’élection présidentielle de 2019.

 

Le Sénégal, dans le principe, reste un pays laïc et par conséquent le choix de son président ne saurait être assujetti à aucun critère religieux, encore moins confrérique. Si cela était

 

  • le Président Senghor, bon chrétien, n’aurait pas bénéficié de l’appui de grands dignitaires toutes confréries confondues pour diriger le Sénégal pendant une vingtaine d’années.

Qu’on ne s’y trompe guère, le prochain président di Sénégal sera choisi en toute liberté et en toute démocratie par les citoyens de ce pays sur la base critères qu’ils auront eux-mêmes définis loin des contingences religio-confrériques.

 

La récréation a assez duré et le débat politique doit reprendre le dessus à quelques mois de l’élection présidentielle pour poser les vrais problèmes liés au parrainage, au processus électoral qui, encore une fois, ne se feront pas sans une concertation et un dialogue francs entre majorité et opposition.

 

La question des alliances est aussi d’actualité pour l’opposition qui a besoin de pôles forts pour affronter la coalition au pouvoir déjà sur les starting-blocks.

 

Et le soldat Idy, dans tout ça ?

 

Comme le soldat Ryan, il doit bénéficier de l’appui sans faille de l’opposition, muette jusque-là, pour ne pas le sort de ses « frères morts au combat » qui doit voler à son secours pour éviter la déchéance de quelqu’un qui, quoi qu’on en dise ou en pense, compte et continuera de compter sur l’échiquier politique national.

 

 

 

 

Fait à Thiès le 28 mai 201

 

El Hadji Abdou WADE dit Mara.

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