Idrissa Seck et la politique: Ce silence qui étonne !

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Finalement, ce silence d’Idrissa Seck, Secrétaire général du parti Rewmi, n’a pas empêché qu’il soit aux devants de la scène politique. Il est souvent dans les conversations d’observateurs ou de politiques. En réalité, il a adopté une stratégie de silence qui exaspère et qui étonne.

Un silence qui se veut éloquent parce qu’il renvoie un message non-encore décortiqué jusqu’ici.

En réalité, il est seul à en connaitre les véritables raisons.

Qu’à cela ne tienne, j’ai été l’un des premiers à critiquer cette démarche. Et voici mes raisons :

Nous sommes convaincus qu’en politique, la responsabilité première d’un leader, c’est d’être présent aux côtés de ses affidés, de les encadrer et de travailler à massifier son parti.

La seconde est d’être, d’une façon permanente, une force de critique et de proposition. C’est cela, être aux côtés des populations pour tenir en compte leurs besoins et préoccupations et pour être le catalyseur nécessaire à leur donner espoir.

Or, dans la démarche d’Idy, ces principaux éléments manquent. Son parti ne se réunit plus, le Rewmi est en état de léthargie avancée et la grogne s’amplifie en interne.

Pendant ce temps, les activistes ont été obligés, face à l’inertie des politiques, de prendre en charge les questions sociales et de se faire emprisonner.

Et pis, la nature ayant horreur du vide, la place de leader de l’opposition lui est de plus ravie au profit de quelqu’un de la trempe d’Ousmane Sonko, qui est presque seul sur le terrain.

Toutes raisons qui font que nous pensons qu’il est préférable qu’il change de stratégie en la matière.

Mais, on peut se demander si Idy n’a pas, comme dans une course de fond, atteint la limite de ses forces physiques et morales ?

Il a participé et perdu à trois présidentielles et semble avoir atteint ce point de lassitude que certains nombres d’hommes politiques sont les seuls à ressentir. Me Abdoulaye Wade et Ousmane Tanor Dieng en ont souffert à un certain moment de leurs engagements politiques.

C’est le sentiment que les citoyens pour lesquels on fait tant de sacrifices ne le méritent pas vraiment. Ils disent souvent voter pour le changement et choisissent, pour certains, l’immobilisme pour des raisons fallacieuses comme le don d’argent ou la promesse d’intérêts futurs.

Sans être dans l’esprit de l’ancien Premier ministre, nous pouvons aisément deviner qu’il réfléchit profondément à l’avenir de son engagement politique. Il se pose, actuellement, beaucoup de questions.

Alors, pour le faire sortir de son silence ou l’enfoncer davantage, ses adversaires peaufinent, aussi, des stratégies de bataille. On lui prête beaucoup d’intentions, d’actes politiquement incorrects alors que tout le monde sait qu’il observe un retrait.

Car son silence dérange d’autant plus qu’avant, il avait dénoncé un système électoral pas du tout transparent et regretté que le Sénégal en soit à ce stade.

Alors, le pouvoir est en droit de se demander ce que mijote cet adversaire. Car sa capacité de communication et sa force de frappe politique restent importantes.

C’est pour cela qu’il est inutile, de sa part, de croire qu’il peut avoir la paix en restant à l’écart des circuits politiques.

Qu’il parle ou qu’il se taise, qu’il agisse ou qu’il reste amorphe, les complots contre lui ne vont jamais cesser. Alors, autant qu’il réapparaisse pour faire face.

Qu’il n’oublie pas qu’il a été numéro 2 à la dernière présidentielle et que le PDS se rapproche du pouvoir. Ainsi, ses responsabilités sont énormes par rapport à tous les Sénégalais qui ont cru en lui. Il ne doit pas se débiner.

Car la force d’un leader politique est dans sa capacité de résilience et d’endurance. S’il cède au découragement, il aura peu de chance de voir, un jour, le bout du tunnel.

En politique comme dans beaucoup de domaines dans la vie, il n’y a pas de demi-mesure. Soit on s’engage et là on met le turbo, soit on se retire complètement pour se faire oublier.

Assane Samb

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