Faut-il sauver ou tuer le soldat Songué? Par Moussa Ka*

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Depuis le vendredi (9 mars) les commentaires sur les propos du philosophe se multiplient et le font tomber en disgrâce. Professeur en voulant faire de la rhétorique, son jeu favori, qu’on lui connait est tombé sous le panneau. Il y a deux choses que professeur a oublié au moment de faire son jeu de rhétorique. Les mots ne sont pas des enveloppes vides, ils sont chargés d’énergie et ont un pouvoir de destruction massive (PDM), dès lors qu’ils sont utilisés ou compris hors de leur contexte ou dans un contexte défavorable.

Il ne faut point généraliser sur les faits sociaux. Ils se traites au cas par cas. Certes toutes les catégories de viol sont abominables et constituent des crimes mais ne se traitent pas de la même façon. Le Viol d’un bébé, le viol d’une mineure, l’inceste, le viol d’une dame nue dans la rue sont autant de cas différents. Pour chaque cas, il y a une ou des explications, leurs raisons sont multiples. Je présume que c’est du dernier cas dont professeur parlait.

Si ce n’est pas le cas j’arrête d’écrire car, il mériterait la guillotine.  Si tel est le cas continuez la lecture. Personnellement j’ai du mal à parler de ce sujet, car il aiguise notre sensibilité morale voire culturelle et crée pour certaines personnes un malaise, des souvenirs traumatisants, de l’amertume, du regret, de la frustration… Mais la proportion que prend cette affaire ne me permet plus de me taire et m’amène à dire ce que j’en pense.

Les viols ne se justifient pas, ils s’expliquent.  En effet, une libido débordante due à une cervelle atrophiée par l’éducation, les circonstances de la vie et/ou par un dérèglement mental peut expliquer la réponse violente à une indécence démesurée. On est là en face de deux extrêmes. Et la nature des extrêmes est de se toucher violemment par leur extrémité de manière à nous choquer, nous autres personnes sensées.

C’est cela que j’appelle le choc des extrêmes. Autant certaines tenues ne peuvent se justifier, car on ne peut savoir ce que la personne cherche à montrer ou prouver en se mettant presque nue au milieu de la rue, si ce n’est que pour être vue insensée, incorrecte, indécente. De la même manière, on ne peut savoir de quelle nature est celui qui ne sait point se retenir devant un être insensé, incorrecte, s’il n’est lui-même pareil. Je pense qu’il faut entrer dans les profondeurs pour le comprendre.

Mais évitons les profondeurs et restons à la surface pour se donner la chance d’être compris par la majorité. De manière simple, dans les deux cas la mesure est dépassée. Et lorsque la mesure est dépassée, il n’y a plus de limites. Ce qu’il faut savoir c’est qu’en chacun de nous, sommeille une bête, en chacun de nous il est également installé une censure à l’image d’un antivirus qui repousse les tendances malsaines exprimées par notre bête intérieure et réprimées par la société.

Ainsi, il y a des personnes anormales (pris au sens terre à terre), leurs antivirus est périmé par conséquent leur disque dur est endommagé. De ce fait, tous les logiciels espions (cheval de Troie et autres) corrompent leur capacité de perception de la réalité. Elles voient celle-ci de travers. Ainsi d’une part, les signaux dégagés par les femmes nues, « sémi-nues » ou maniérées sont lus et interprétés comme provocation et d’autre part du fait que leur « disque dure » est endommagé leur censure ne peut plus contenir les assauts répétés et violents de leur bête intérieur.

En réalité, si l’islam demande aux femmes de se couvrir, aux hommes de ne point serrer la main aux femmes et que l’on doit séparer les dortoirs des garçons et des filles à un certain âge. Je me demande pourquoi, si ce n’est en guise de prévention de l’excédent libidinal des déviants et écervelés qui sont parmi nous et que l’on ne saurait identifier au premier regard, car de façade, ils sont normaux mais dans le fond, c’est le vide, le néant, le gouffre.

Par ailleurs, nous savons que le vol, l’agression ne sont pas justifiés mais faisons le maximum pour ne pas être pris de court. Même dans notre propre maison nous fermons à clé nos coffres, même si nous présumons que nos proches ne sont pas voleurs. Et nous évitons certains endroits la nuit pour des raisons de sécurité. Ces raisons nous dictent la prudence. Autant qu’il y a des agresseurs et des voleurs autant il y a des violeurs par nature qui sont parmi nous. Ce sont là ceux qu’il faut éviter par principe de prudence.

Quand quelqu’un t’invite pour la première fois à l’hôtel ou chez lui, soigne ta mise et adapte-la au principe de prudence. Quand tu es nue dans la rue, tu ne sais pas qui est en face de toi. Sans le savoir peut-être, tu exerces une violence psychologique à laquelle, selon sa nature (disque dur endommagé), il ne saurait résister. Tu crées en lui une charge libidinale dont une autre risque ou pourrait être l’objet de décharge, donc la victime.

Pour vous les femmes/filles même dans votre maison couvrez-vous ne serait-ce qu’au minimum, c’est une recommandation et dans la rue ce minimum est un impératif. Pour le professeur Songué, il y a eu dans tous les cas une maladresse langagière et contextuelle. Notre ami philosophe/poète s’est perdu dans ses rimes. En vrai philosophe voulant trop rimer pour rivaliser les poètes et les rappeurs, il a créé un contresens, une bourde, et avec évidence a ramé à contre-courant de sa pensée. Ayant l’habitude de l’écouter, je sais qu’il est de bonne foi.

Le Soldat Songué est un bon Soldat. Il nous a habitués à de bonnes analyses. Seulement cette fois-ci son coup est mal tombé, maladroit et il s’en blessé et en a blessé d’autres. Mais il reste un bon Soldat. Les bons soldats même blessés gravement, on ne les laisses jamais sur le terrain de combat.

Oui il faut sauver le soldat Songué!

* Psychologue Conseiller

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