Élevage de : Un business très lucratif

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L’affaire du talibé déchiqueté par un pitbull, ce dimanche à Pikine, lève le voile sur les conditions dans lesquelles cette race de chien est élevée et vendue à des tiers au marché noir au Sénégal. Pendant que ces molosses sèment la panique par leur agressivité et l’atrocité de leurs attaques, les éleveurs et vendeurs de pitbull se frottent les mains au nez et à la barbe de la direction de l’élevage qui visiblement n’a aucune mainmise sur ce business du reste, très florissant.

Un bébé pitbull à 300 mille

Passionné de canidé depuis le bas-âge, Lamine Faye est un éleveur de plusieurs races de chiens dont des pitbulls. Son patrimoine est estimé à un peu moins d’une trentaine de chiens, toutes races confondues. Il traîne 18 ans d’expérience dans le domaine malgré son jeune âge (à peine la quarantaine). «Depuis 2001, j’élève et je vends des pitbulls et d’autres races de chiens : berger allemand, rottweiler», énumère-t-il.

Au fil des ans, la vente de pitbulls a connu un recul. Rien à voir avec la fièvre des années fastes, lorsqu’il ouvrait sa bergerie à Keur Massar. Il rembobine : «Entre 2007 et 2012, on vendait les chiots pitbulls de 45 jours à 300 mille francs Cfa. Il m’arrivait de vendre jusqu’à 1 million 300 mille francs en une portée pour un jeune de moins de 20 ans à l’époque. Mais actuellement, cela se vend à 150 mille francs Cfa.»

Eumeu et Gris, fous de pitbull

Cet âge d’or est loin, mais le business reste très lucratif dans la mesure où une femelle peut mettre bas jusqu’à 15 chiots et que le temps de gestation tourne entre 57 et 70 jours.  

Les plus fidèles acheteurs sont les éleveurs qui les utilisent souvent pour lutter contre le vol de bétails. «Certains éleveurs préfèrent ceux qui ont atteint l’âge de maturité 1 ou 2 ans. Là, c’est plus cher, il faut débourser entre 500 et 600 mille francs Cfa», signale Lamine Faye qui s’est fait un carnet d’adresses balèze dans un secteur peu ordinaire.

Parmi ses prestigieux clients figurent deux ténors de la lutte dont l’amour pour cette race de chiens est un secret de polichinelle : Eumeu Sène et Gris Bordeaux.

«Le problème, ce n’est pas le chien…»

Livrant son point de vue sur la polémique qui enfle autour de l’interdiction des chiens pitbulls, Lamine Faye prend la défense du molosse au détriment de leurs «maîtres». Bien qu’à deux ou trois reprises ses pitbulls ont tué ses moutons.

«Je pense que le problème ce n’est pas le chien, mais les maîtres, tranche-t-il. Le pitbull, il faut le familiariser avec son entourage dès le bas-âge. C’est très dangereux de l’isoler. C’est ce qui explique son agressivité.»

À en croire Lamine Faye «les pitbulls traînent depuis longtemps une mauvaise réputation», mais il y a pire : le rottweiler.

source : seneweb

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