COLONEL ABDOULAYE DIOP, DIRECTEUR DES PARCS NATIONAUX, SUR L’ABATTAGE D’UN HIPPOPOTAME À KÉDOUGOU «ON EN A TIRE DES LEÇONS»

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Les services des Eaux, Forêts et Chasses, notamment les agents des Parcs Nationaux, ont tiré des leçons de l’histoire de l’hippopotame abattu en pleine ville à Kédougou, faute de moyens pour neutraliser l’espèce protégée et le retourner dans son habitat naturel. Le directeur des Parcs nationaux, le colonel Abdoulaye Diop, en a donné l’assurance hier, mercredi 17 avril 2019, au terme d’une rencontre des acteurs sur la planification de la Stratégie de valorisation de la faune et de la flore, tenue à Dakar.
L ’abattage d’un hippopotame, une espèce protégée, à Kédougou avait suscité un débat en ce début du mois d’avril. Le directeur des Parcs nationaux, le colonel Abdoulaye Diop, interrogé sur la question hier, mardi 17 avril, au terme d’une rencontre de planification de la Stratégie de restauration de la faune et de la flore, a estimé que des enseignements ont été tirés de cette affaire. «On en a tiré des leçons, on sait qu’on a plus besoin d’avoir des services outillés en terme de moyens de neutralisation de filets et autres. Ça nous donne l’occasion sur le terrain de mener les investigations nécessaires et de prendre les dispositions pour que de telles situations ne puissent plus se reproduire», a dit le colonel Abdoulaye Diop. Mieux, le manque de moyens de neutralisation ou de filets et autres dispositifs ne devraient plus constituer une excuse. Pourvu que les populations curieuses soient tenues à respect, quand il s’agit d’intervenir dans des villages et villes, pour plus entraver la bonne conduite des opérations sauvetage, comme c’était le cas à Kédougou. Pour rappel, un hippopotame avait quitté son milieu naturel pour entrer dans des habitations à Kédougou. Les autorités locales, face au manque de moyens pour le neutraliser, et l’attroupement créé autour de l’espèce, ont ordonné son abattage. (Voir par ailleurs). 
 
LES HIPPOPOTAMES : Des espèces protégées
 
Après une tentative, pendant plusieurs heures, de retourner un hippopotame stressé qui semait le désordre dans la ville de Kédougou, dans son milieu naturel, l’animal qui se faisait menaçant a finalement été abattu, sur ordre des autorités, le dimanche 31 mars. La polémique née du dénouement malheureux de cette affaire, a remis au goût du jour le sous équipement et le manque de moyens de nos agents des Eaux et Forêts.
 
 Le dimanche 31 mars, un hippopotame qui semait le trouble à Kédougou a été abattu par un chasseur, sur instruction des autorités, après que l’animal a été coincé dans une fosse septique. Cette affaire rappelle la difficile vie et/ou survie des animaux sauvages inquiétés ou stressés dans leurs milieux naturels par l’action de l’homme, souvent des braconniers, en dehors de ces habitats. Et l’on a encore en mémoire les cas de meurtre causés par l’hippopotame de Gouloumbou.
 
 L’animal a été à l’origine de plusieurs pertes en vue humaines, notamment des pêcheurs, dont l’activité de pêche sur ce prolongement du Fleuve Gambie, est la principale source de revenus. En effet, le 4 mai 2016, l’animal a attaqué une pirogue à bord de laquelle il y avait deux personnes. L’un deux a été mordu par l’hippopotame à la jambe, à hauteur du tibia, à la cuisse et aux côtes. Ceci après avoir ôté la vie à plusieurs personnes. Le 17 mars 2017, c’est un jeune, la trentenaire, Amadou Diaw qui a été tué. Alors qu’il tentait de faire remonter ses filets jetés dans les eaux la veille, l’hippopotame l’a surpris. Ce qui porte le nombre de personnes tuées par l’animal à 24, à cette date. En août dernier, un hippopotame avait été pris dans les filets de pêcheurs à Thiemping, dans la région de Matam. 
 
La polémique qui entoure donc, le meurtre de cet animal, même s’il constitue une menace pour la vie humaine, est née du fait que l’espèce est protégée. En effet, l’hippopotame est une espèce intégralement protégée au sens du Code de la protection de la faune qui, en son article 27 prévoit des peines allant de 1 à 5 ans d’emprisonnement pour quiconque abat volontairement des espèces intégralement protégées, sans permis scientifique. Elle en dit long également sur le sous équipement et le manque de moyens de nos agents des Eaux et Forêts appelés à intervenir dans pareille situation pour neutraliser une bête sauvage, pour la ramener en lieu sûr et pour la sécurité des populations envahies. 

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