Chronique de Nioxobaye: Le bûcher des seconds couteaux!

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Le bûcher des seconds couteaux

Pour un gouvernement laxiste, l’enfer c’est toujours les autres. Pour le meurtre de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène froidement abattu par balle réelle dans le campus de l’Université Gaston Berger de Saint Louis, le mardi 15 mai lors d’une manifestation pour réclamer le paiement des bourses, le gouvernement de  Macky Sall a trouvé des boucs émissaires commodes. Usant de son décret qui permet de nommer à tous les  emplois civils et militaires, le chef de l’Etat s’est payé les têtes de Ballaye Kane, désormais ex Recteur de l’UGB et de Ibrahima Diao, jusqu’ici à la tête du CROUS de Sanar. Et cela, sans même entendre les résultats de l’enquête et surtout  de l’audit qu’il a confié à la redoutable Inspection générale d’Etat (IGE).

Il faut vraiment être myope ou de mauvaise fois pour voir que l’ancien Recteur et l’ex DG du Crous, ont commis une partie infime, dans ce drame. Kane et Diao, ne sont que des exécutants à qui on n’a pas donné les moyens de gérer la surpopulation estudiantine à l’université Gaston Berger, depuis que Mary Teuw Niane a décidé de sa massification pour en faire une université Cheikh Anta Diop bis et jeter aux oubliettes la réputation d’excellence que le campus de Sanar s’était forgée depuis son ouverture en 1990.

C’est vrai, avec des si on peut faire du Sénégal un Eldorado. Mais, prenons une petite hypothèse : Si Amadou Ba , ministre de l’Economie et des finances qui clame partout que le Sénégal est surliquide avait payé les maigres bourses des étudiants le 10, je dis même pas la veille de la mort de Fallou Sène, c’est-à-dire le 14 mai, rien de cela ne serait arrivé. Donc, les premières sanctions de Macky Sall devaient toucher d’abord et avant tout Amadou Ba, puis Mary Teuw Niane pour le manque d’efficacité et de transparence de la direction des Bourses qui est sous sa tutelle.

C’est après cela seulement que les sanctions secondaires auront un sens aux yeux de l’opinion et des étudiants qui continuent de réclamer le départ du gouvernement de Mary Teuw Niane, de Amadou Ba, Aly Ngouille Ndiaye et Augustin Tine. Les limogeages de Badallaye kane et de Ibrahima Diao ne sont nullement un coup d’éclat, mais un insipide bucher des seconds couteaux.

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