Au Sénégal, l’Alternance politique fait toujours défaut

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Tiré du latin « Alternus », l’alternance renvoie à l’idée de « se succéder dans le temps et de manière régulière ». Dans le cadre politique, l’alternance désigne le fait qu’un régime politique, où des partis politiques différents se succèdent au pouvoir lors d’élections.  A votre avis le Sénégal a-t’il une seule fois connu une alternance politique?

Une alternance politique est l’une des conditions nécessaires à la démocratie, c’est même un signe de bonne santé. Preuve de l’existence de libertés politiques et d’un régime pluraliste où le parti au pouvoir se retirerait en cas de défaite électorale. L’alternance politique peut, à l’inverse, être caduque. Par exemple s’il n’existe pas de différences réelles entre les programmes de la majorité et de l’opposition, voire pire… Dans ce cas, on ne parlera pas d’alternance mais plutôt de changement d’équipes dirigeantes. Dans le monde politique sénégalais, pas trop de nouveautés sous les tropiques ! Je peux sans équivoque soutenir que nous sommes plutôt dans le changement partiel d’équipes dirigeantes. Une horde affamée de noceurs et noceuses dont la vocation première est « le xawaré, le battré, le berné »… en somme le ventre et le bas ventre. En tout état de cause, des offres politiques qui se voulaient sérieuses, car proposant peut être des perspectives réelles aux différentes populations, se sont succédées sans succès. La politique sénégalaise baigne encore dans le cancer de la transhumance politique, des cas avérés d’enrichissements illicites, des détournements de fonds et malversations financières sans communes mesures. Et tout ça sous nos yeux, pendant que des talibésmeurent de faim, ou roués de coups, et en dépit de populations s’appauvrissant de plus en plus. C’est aussi sans compter le nombre de candidats à l’assaut du ventre de l’atlantique, qui ne faiblit pas et les étudiants qui continuent à mourir dans des circonstances catastrophiques. Le Sénégal fait partie des pays les plus pauvres au monde, mais est ce que le citoyen sénégalais s’en émeut ?

« Aucune alternance, aucune émergence ne sera le fait d’un Homme politique »

Pour moi, il n’y a pas un Sénégalais qui serait plus intelligent que tous les autres réunis. En d’autres termes, le Sénégal n’a absolument pas besoin d’un Messie ou d’un Mahdi sauveur de nos âmes perdues, en tout cas, en politique. D’ailleurs l’ère des présidents fondateurs, père de la nation, le Visionnaire du parti: un Dieu en tout et pour tout avec option femmes, maîtresses et eunuques corvéables à souhaits n’est-elle pas révolue ? Je plaide pour un leadership collectif et non pour un idéologue tout puissant qui serait à la fois médecin, mathématicien, marabout, maçon et enseignant en même temps. Chaque sénégalais a sa part à jouer dans le développement du Sénégal, et chacun dans son domaine. Je crois fondamentalement, qu’il faut revenir à la base, former un citoyen critique. Un citoyen bien informé et qui fasse de l’intérêt supérieur de la nation un leitmotiv. Et partant de là, ce citoyen suffisamment armé de connaissances, de bonnes informations et d’un amour indéfectible pour le pays, constituerait un contre-pouvoir réel face à toutes les exactions possibles. Dès à présent il faut s’entendre sur une seule et même parole : ne plus signer de chèque en blanc pour aucun mouvement ou parti politique sénégalais. Il nous appartient d’être exigeant. Aucune alternance, aucune émergence ne sera le fait d’un Homme politique, elles doivent toutes être le fait du citoyen. En 2019, optons pour une alternance politique réelle, car émanant du citoyen.

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