48 Sénégalais accusés de vouloir déstabiliser le régime de Condé, exfiltrés de la Guinée

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Arrêtés depuis quelques jours à Conakry, les 48 Sénégalais qui ont été accusés de vouloir semer le chaos en Guinée ont été libérés, hier mardi. Leur rapatriement était en cours dans la soirée. Compte rendu d’une terrible arnaque qui a fini en une grave affaire d’Etat.  

Ce devait être le voyage de leur vie. La fin des soucis et le début d’une carrière prometteuse. Surtout que l’Eldorado n’est pas loin. Il se trouve juste à quelques kilomètres du Sénégal, en Guinée voisine. Pas de quoi souffrir le martyre, se dépayser. Mais le rêve guinéen des 48 Sénégalais appâtés par une annonce de QNet, qui leur proposait du travail moyennant le dépôt de 500 mille FCfa, va tourner au cauchemar. Si ce n’était la diligence de l’Etat du Sénégal, ils allaient encore croupir pendant longtemps dans les prisons guinéennes. Accusés de vouloir déstabiliser le Pouvoir de Alpha Condé, en complicité avec 138 autres citoyens Ouest-africains, au lendemain de la grande mobilisation de l’opposition guinéenne contre la supposée volonté de l’actuel locataire du Palais Sékhoutouréya, la cinquantaine de ressortissants sénégalais ont été libérés hier mardi, après plusieurs jours de garde à vue. Grâce à l’intervention diplomatique des autorités sénégalaises, en particulier le ministère des Affaires étrangères, qui a par la suite organisé leur exfiltration de la Guinée. «Ce que souhaitent les autorités sénégalaises, c’est qu’ils soient tous rapatriés au Sénégal d’ici à demain (aujourd’hui)», a soufflé hier soir, à L’Observateur une personnalité guinéenne qui a participé aux négociations.

«Dénoncés à la Police par les responsable de QNet»

Tout est parti de l’appel à candidature lancé, il y a quelques mois, par l’entreprise QNet pour des postes de travail moyennant une contrepartie de 500 mille FCfa par candidat, comme frais de dossier. Le poste de travail en question devait se trouver en Guinée Conakry. Plusieurs candidats issus de la sous-région ont souscrit à cette offre, dont 48 Sénégalais qui se sont retrouvés à Conakry pour exercer le boulot. Seulement, cette proposition n’était que de l’arnaque. Parqués dans des concessions dans la lointaine banlieue de Conakry, ils ont fini par fleurer le coup et exigé par la suite à être remboursés. «Malheureusement, explique la source de L’Observateur, cela a coïncidé avec les manifestations à Conakry contre la supposée volonté d’Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Les responsables de QNet ont profité de ce concours de circonstances pour les dénoncer à la police.» Pour les jeter en pâture.

Ils seront arrêtés en même temps que d’autres citoyens Ouest-Africains et placés en position de garde à vue. «Cette opération prouve à suffisance la récurrence d’infiltration de corps étrangers tant à Conakry que dans des grandes villes de l’intérieur du pays», a réagi le Gouvernement dans le site de JA, alors que la Guinée connaît une vague de manifestations qui ont fait une dizaine de morts. L’action de la police et de la gendarmerie vise à «débarrasser la Guinée des mauvaises graines qui n’ont rien à faire ici en cette période de troubles», a ajouté à l’Afp un haut responsable de la police ayant requis l’anonymat. Une déclaration reprise par le site en ligne du magazine panafricain qui, au moment du décompte, n’avait comptabilisé que 46 Sénégalais.

«Certains présentaient des signes de faiblesse»

Mais au total, ce sont quelque 186 étrangers qui ont été interpelés par l’Etat guinéen. Ces citoyens sénégalais, bissau-guinéens, gambiens, burkinabè et maliens ont été présentés comme des forces étrangères recrutées par l’opposition pour renverser le régime de Condé. L’Etat guinéen, face à révolte de la rue, a voulu profiter du contexte pour mettre en avant la thèse de tentatives de déstabilisation. Et rien n’est écarté pour faire croire à l’implication d’une main étrangère dans les affaires internes de la Guinée. Pour en apporter la preuve irréfutable, les mis en causes ont été filmés et les images diffusées à grand renfort médiatique pour convaincre le peuple du supposé dessein des «adversaires de la Guinée» de plonger le pays dans le chaos.

Quand le Sénégal a été informé par son Ambassadeur à Conakry, l’ancienne directrice de la police nationale, Anna Sémou Diouf, le ministère des Affaires étrangères, au premier chef, le ministre Amadou Bâ, son secrétaire d’Etat, Moïse Diégane Sarr et sur instruction du Président Sall, ont engagé des procédures pour leur libération. Dans cette opération de secours et assistance, l’Etat du Sénégal a, en premier lieu, pensé engager des avocats. Ensuite, le Sénégal a mis en branle des pourparlers avec les autorités guinéennes, notamment le ministre des Affaires Etrangères et le ministre de la Justice. C’est finalement hier mardi, après plusieurs jours de garde à vue prolongée que la Guinée Conakry a décidé de les libérer. Et certains au bout du rouleau du fait de la détention, présentaient des signes de faiblesse.

source igfm

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